[…]Fiorella Capelli, tout en marchant vers l’église, s’extasiait sur la grande poterne du douzième siècle du château, admirablement conservée, devant laquelle ils étaient passés. Daniel pressa le pas, impatient de visiter l’église et sa crypte, où selon l’hôtelier, se trouvait une statue de la Vierge ramenée des croisades par un chevalier. La chapelle se présenta soudainement au détour de la route. C’était un bâtiment tout simple, au clocher carré dont les huit fenêtres en demi-cercle avaient été murées. Tout autour, soutenant les rebords du toit de tuiles plates, des sculptures d’animaux fabuleux et d’hommes grimaçants accentuaient l’impression de sacré, de mystère enfermé dans les solides murs de pierres blanches. Un groupe de touristes entre deux âges, accompagné de deux petites filles, admiraient les gargouilles sous le toit. Une des visiteuses fit remarquer que, souvent, les têtes humaines que l’on voyait ainsi étaient des caricatures de notables de la cité, immortalisés sous des traits hideux ou grotesques. La remarque, parfaitement exacte, fit sourire Fiorella, qui se dit que les visages perduraient, mais pas les noms des personnages, et cela valait peut-être mieux.

Lire la suite